12/20/2008

Origines


Je suis né il y a très longtemps, sans doute en Orient, plus de 2000 ans avant Jésus-Christ.
Comme toute découverte, je suis peut être le fruit du hasard : un reste de foyer avec des graisses animales, la pluie qui ruisselle et mélange les cendres au gras. Et tout d’un coup ça mousse…
Un produit magique et une ville mystérieuse étaient faits pour se rencontrer.
Dès 1229 on trouve à Marseille un savonnier dénommé DAVIN. Il aura de très nombreux successeurs.

12/19/2008

Un savoir-faire ancestral


Ville propice à ma fabrication grâce à son port qui facilite les échanges de matières premières et le savoir faire de ses savonniers, c’est au XVIIe siècle qu’à Marseille la savonnerie devient une véritable industrie. Louis XIV « désireux de remettre cette fabrique dans sa perfection » confie le monopole du savon à la ville – l’édit de Colbert du 5 octobre 1688 ordonne « que le savon de Marseille ne soit fabriqué qu’à base de pures huiles végétales à l’exclusion de tout autre corps gras ».
Beaucoup copié mais jamais égalé je dois pour mériter mon appellation être composé de 72% de matière grasse et 28% de soude.

12/18/2008

un produit vivant


Un grand chaudron, un corps gras, de la soude, du feu et la sueur des hommes : tel est le secret de ma fabrication.
Les maîtres savonniers appelés aussi « maîtres du feu » conservent jalousement leurs recettes.
Je suis une matière vivante qu’il faut choyer tout au long des étapes de ma fabrication.
Autrefois les maîtres savonniers goûtaient ma pâte pour s’assurer que la « cuite » était réussie.
Aujourd’hui ma fabrication n’est plus empirique depuis la découverte de la saponification par les chimistes Chevreul et Merklen au siècle dernier.
Mon apogée se situe entre 1885 et 1920. Je deviens alors incontournable.
Petit cube apprécié pour sa qualité, je sers à tout laver : le corps, le visage, les dents.
Je suis le fidèle compagnon des lavandières qui me font mousser au lavoir, je fais des bulles, je sens bon…
Pendant la dernière guerre je me suis fait rare, alors les ménagères essayèrent de me fabriquer avec les moyens du bord : du suif, du lierre, de la soude. Mais souvent cette mixture était décevante. A cette époque un morceau de savon servait de monnaie d’échange pour se procurer de la nourriture dans les campagnes.

12/17/2008

Un produit essentiel


Puis vint l’ère de la modernité : les machines à laver le linge et les lessives. Ce fut mon déclin. Les savonneries disparaissent peu à peu. Les multinationales inondent, à grand renfort de publicité, le marché de détergents issus de la pétrochimie.
Tout d’un coup je suis devenu ringard, je sens mauvais, pour la toilette on me préfère les savonnettes parfumées.
Mais je n’avais pas dit mon dernier mot, je sais m’adapter et aujourd’hui je redeviens à la mode. Economique, biodégradable, naturel, je suis utilisé dans le monde entier.
Recommandé par les dermatologues, ma pureté me rend irremplaçable.
Produit vivant, riche d’une culture et d’une histoire passionnante, comme la ville dont je porte le nom je ne suis pas près de disparaître.

12/16/2008

Naissance d'une passion


En 1997, Monsieur Vittorio Quittard, Président de l’Association, fait l’acquisition dans une brocante d’une boite à savon en carton.
Toute la vie d’une savonnerie marseillaise aujourd’hui disparue est contenue dans cette boite, 1900 négatifs sauvés de l’oubli.

C’est le début d’une passion pour cette matière vivante, magique et qui sent bon.

12/15/2008

La 4eme dimension expose

Les expositions présentent tout d’abord 150 clichés en noir et blanc de l’usine Bellon et Dramard représentatifs de la vie de l’usine dans les années 50 : ouvriers au travail, concours de boules, arbre de Noël etc., avec en parallèle des photos actuelles prises dans les trois savonneries qui subsistent à Marseille aujourd’hui.
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12/13/2008

Suite de l'exposition

Ensuite vous pourrez admirer une centaine de savons anciens aux noms évocateurs: la Goélette, le Coq, le Chat, la Sainte Famille, le Fer à Cheval, la Croix de Lorraine…, ainsi que des tampons en buis, des empreintes en bronze. De nombreuses publicités évoquent la période florissante du savon, un film vidéo en retrace l’histoire. Puis c’est une balade autour des lavoirs, des lavandières, rythmée par le bruit de l’eau et des battoirs, la blancheur du linge ancien. Tout un univers qui intéresse et étonne les plus jeunes et réveille les souvenirs des plus anciens.
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